Les questions d’actualité

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Est-ce l’intérêt de la France de continuer à participer au commandement militaire intégré de l’OTAN ?

Crise des sous-marins -

22 septembre 2021
https://youtu.be/ym1DxSJlbdE
Est-ce l’intérêt de la France de continuer à participer au commandement militaire intégré de l’OTAN ?

« Coup dans le dos », « duplicité », « mensonge », « trahison », « rupture majeure de confiance » : madame la ministre des armées, les mots que le Gouvernement a employés, et que vous venez de reprendre, depuis la rupture du contrat des sous-marins, sont très durs.

Si les mots ont un sens, des conséquences majeures doivent donc être tirées. Ma question est simple : quelles seront-elles ?

La décision américaine de nous imposer un tel camouflet est lourde de signification politique. Les États-Unis ont choisi de faire de la zone indo-pacifique un espace de confrontation directe, y compris sur le terrain militaire, avec la Chine, et ils ne toléreront leurs alliés que sous leur commandement et à leur seul profit.

Ils sont prêts pour cela à encourager une escalade dans le surarmement de la région, quitte à disséminer des technologies militaires nucléaires utilisant de l’uranium enrichi, et ce au mépris des engagements de non-prolifération.

Enfin, ils envoient par la même occasion à leurs alliés de l’OTAN un message d’alignement brutal, qui vise directement quiconque en Europe envisagerait de s’écarter du rang.

Madame la ministre, est-ce l’intérêt de la France et de l’Europe de continuer à s’aligner derrière de tels projets ?

Est-ce l’intérêt de la France de continuer à participer au commandement militaire intégré de l’OTAN, dont les États-Unis viennent de nous dire qu’ils veulent être les seuls patrons ?

Est-ce l’intérêt de la France de tourner toute son industrie militaire vers la course à l’exportation d’armes, en quémandant notre « part du gâteau » auprès des Américains ?
Est-ce l’intérêt de la France et des Européens de courir dans ces conditions après une Europe de la défense définie comme un pilier européen de l’OTAN, un pilier auquel on dénierait toute autonomie stratégique maîtrisée par les Européens eux-mêmes ?

N’est-ce pas le moment de définir autrement notre avenir stratégique ?
Madame la ministre, êtes-vous prête à ouvrir tous ces débats sans tabou ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre des armées.

Mme Florence Parly, ministre des armées. Monsieur le sénateur, c’est vrai, ces deux derniers mois, la vie n’est pas un long fleuve tranquille à l’OTAN. Je pense évidemment à l’aventurisme turc en Méditerranée ou bien au retrait précipité et non concerté d’Afghanistan, dont nous avons vu les dramatiques conséquences.

L’attitude des États-Unis à l’égard du programme des sous-marins, évoquée voilà quelques minutes, est une nouvelle illustration du constat que nous faisons depuis des mois : aujourd’hui, le dialogue politique est inexistant au sein de l’Alliance atlantique. Alors, quelles conséquences faut-il en tirer ? Cela vaut-il la peine de claquer la porte de l’OTAN ? Je ne le crois pas.

Permettez-moi de revenir sur quelques points de votre intervention.
Vous avez raison, l’Alliance atlantique a un cœur de métier, qui est la défense collective de l’Europe, comme le stipule l’article 5 du traité fondateur. Les États-Unis y jouent un rôle essentiel, mais la France y joue aussi son rôle, par exemple en témoignant de sa solidarité auprès des États baltes dans le cadre d’opérations de présence de l’OTAN.
Toutefois, la raison d’être de l’OTAN, c’est non pas la confrontation avec la Chine, mais la sécurité transatlantique, et c’est ce que nous devons rappeler aux États-Unis.

C’est donc dans cette logique que les alliés ont décidé, sur notre initiative, ainsi que sur celle de l’Allemagne, d’engager une révision du concept stratégique de l’Alliance. Ce travail nous permettra de clarifier celui-ci, et c’est nécessaire, dans la perspective du prochain sommet de Madrid et, surtout, de le faire en cohérence avec la « Boussole stratégique », ce travail lancé par les Européens pour renforcer l’Europe de la défense.
Pour terminer, monsieur le sénateur, je dirai qu’être allié ce n’est pas être l’otage des intérêts de l’autre.

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